La paix , une illusion ?
introduction au nouveau thème du concours du réseau Sciences Po
L’histoire est remplie de l’illusion de l’avènement d’une ère de pacification universelle. L’humanité a pu y croire un moment après la première guerre mondiale. Ce fut alors l’espoir de la der des ders et la naissance de la Société des Nations. Elle a encore pu y croire, au lendemain de la seconde guerre mondiale avec la reconstruction paisible du Japon et de l’Allemagne et avec la naissance de l’ONU. Elle en a encore rêvé avec la fin de la guerre froide et la chute de l’URSS.
Les guerres pourtant restent omniprésentes . L’Ukraine, Gaza, le Liban et l’Iran nous rappellent que la paix universelle reste inaccessible. Le vieil adage « si vis pacem, para bellum »-si tu veux la paix prépare la guerre -continue à inspirer toutes les politiques de défense nationale. La guerre reste un moyen omniprésent des nations et des groupes en lutte.
La paix est ce simplement empêcher la guerre ?
La paix et la guerre sont indissociables, à l’instar du bien et du mal. Bien sûr il faut alors réfléchir à la paix comme l’ensemble des conditions à réunir pour que les guerres n’éclatent pas et pour y mettre fin lorsqu’elles ont lieu. La pulsion belliqueuse est-elle si omniprésente ? La paix ne peut elle être pensée que comme la capacité à suspendre la guerre ? La réponse réside-t-elle seulement dans des traités, des organisations internationales de sécurité collective, des efforts de désarmement ?
Au-delà d’une froide géopolitique, ne faut-il pas mieux penser la paix en elle-même ? N’est elle pas une stabilité et légitimité des pouvoirs, comme l’ équivalent d’un ordre juste, une solidarité vécue et construite, une reconnaissance de chacun dans ses spécificités ? Ne commence-t-elle pas à l’intérieur de chaque société ?. N’est-elle pas en premier lieu à conquérir dans les esprits et dans les cœurs ?
Alors pour paraphraser Gandhi , s’il est si difficile de trouver un chemin vers la paix n’est-ce pas parce que la paix elle-même doit être le chemin ?
Photo: Colombe . Picasso

