N°1 d’une série de cinq posts consacrés à cette question.
Pourquoi est-il si difficile de revenir à la paix, une fois la guerre déclenchée ?
Pour que la guerre éclate et que la paix prenne fin, il faut souvent que l’opinion publique acquiesce, qu’existe en son sein ce que Gaston Bouthoul nommait « un état diffus d’acceptation et d’approbation des violences futures ». Deux illusions conditionnent souvent le consentement de l’opinion à la guerre . La première est que la victoire sera facile, mirage chronique. La seconde est que la guerre est à la fois légitime et inévitable, croyance fort répandue chez chacun des futurs belligérants.
Aux exclamations de « A Berlin » et « Nach Paris » une grande part des populations françaises et allemandes pensaient, en d’aout 1914 , que la guerre durerait tout au plus quelques mois. Les attaques américaines récentes contre l’Iran ont commencé avec l’annonce, par le président américain, de l’écrasement immédiat de l’Iran et de la chute de son régime. Ce leitmotiv de la victoire facile traverse les époques.
Pourquoi, lorsque l’inanité des combats et l’échec des guerres éclair promises dissipent ces deux idées s , n’y a-t-il pas un retour rationnel à la paix ? La guerre serait-elle comme l’a écrit Arnold Toynbee, « un cancer qui emportera sa victime », un mal qui une fois initié, gagne la totalité de la vie sociale et politique ?
Pourquoi quatre années de combats à la fois vains et atroces lors de la Première Guerre mondiale ? Pourquoi la guerre d’Ukraine dure-t-elle si longtemps, pourquoi les guerres israéliennes à Gaza, au Liban et en Iran ne cessent- elles pas ? Pourquoi les Etats- Unis et l’Iran ne signent-ils pas la paix ? Pourquoi les belligérants ne mettent-ils pas fin à des batailles stériles et interminables où la victoire semble in fine inaccessible ? Pourquoi la paix, qui serait raisonnable, ne parvient-elle pas à éclore, alors qu’elle devrait s’imposer ?

Les quatre parties du monde . Picasso,1957

