N°3 d’une série de cinq posts consacrés à cette question
Paix improbable, pacifisme difficile ?
La guerre étouffe les velléités pacifistes qui pourraient se manifester dans l’opinion. Le pacifisme ne parvient plus à se faire entendre. La guerre altère ou supprime la liberté d’expression. La censure et la propagande se développent. Les pacifistes sont accusés de faire le jeu de l’adversaire, d’être des traîtres à la patrie. Ainsi, fin 1917, Clemenceau, déclare :« Je fais toujours la guerre » puis désigne l’« ennemi intérieur » de la République : les pacifistes et les antimilitaristes. Lorsque la guerre est lointaine et qu’elle semble moins vitale pour l’existence du pays, il est toutefois plus difficile pour les gouvernements de maîtriser leur opinion publique
.
L’influence des mouvements pacifistes, leur poids dans les échéances électorales peuvent toutefois faire progresser la paix. Ce fut le cas des guerres coloniales pour les puissances européennes, ce fut le cas pour les Etats-Unis, face à la guerre du Vietnam, face à l’occupation de l’Irak.
Par ailleurs, les dirigeants qui ont lancé la guerre ne veulent généralement plus l’interrompre. Accepter une paix sans gains manifestes, c’est reconnaître que leur choix de la guerre fut une erreur et qu’ils ont sacrifié inutilement leur population. Il leur sera toujours difficile de survire politiquement à un tel constat. Ainsi, les dirigeants continuent des guerres vaines par crainte du désaveu et s’enferment dans une logique jusqu’au boutiste. Ils savent qu’un accord de paix sans bénéfice par rapport à la situation initiale les discréditera et pourra amener leur chute. Les généraux argentins n’ont pas survécu à la guerre des Malouines. Il a fallu la chute de la IVe république et l’arrivée de de Gaulle pour que la guerre d’Algérie prenne fin.
Le retour à la paix passe ainsi souvent par un changement des dirigeants, voire du régime politique, de l’un des belligérants.

Manifestation contre la guerre du Vietnam. Etats Unis,1967.

